
Dans le cadre d'un licenciement (sauf faute grave ou lourde), l'employeur doit verser une indemnité au salarié qui cumule au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompus dans l'entreprise. Une indemnité dont le montant augmente avec l'ancienneté du salarié. À ce titre, l'arrêt de travail du salarié consécutif à un accident de trajet doit-il être retenu pour calculer cette ancienneté ?
Dans une affaire récente, un salarié engagé en tant que manutentionnaire, puis occupant le poste d'adjoint responsable transport, avait obtenu en justice la requalification de la rupture de son contrat de travail à durée indéterminée en licenciement sans cause réelle et sérieuse. LLes juges d'appel avaient alors condamné son employeur à lui verser différentes sommes, dont une indemnité de licenciement d'un montant de 32 815,73 €.
De son côté, l'employeur avait contesté ce montant, estimant que l'ancienneté du salarié retenue pour le calcul de l'indemnité était inexacte. Selon lui, il convenait en effet de déduire l'arrêt de travail du salarié consécutif à un accident de trajet (d'une durée d'environ un mois et demi).
Et la Cour de cassation lui a donné raison. Elle a rappelé que, selon le Code du travail et sauf dispositions conventionnelles plus favorables, les périodes d'arrêt de travail ne doivent pas être prises en compte dans le calcul de l'ancienneté du salarié. Exception faite, des arrêts de travail liés à un accident du travail ou à une maladie professionnelle. Dès lors, les arrêts de travail consécutifs à un accident de trajet ne comptent pas pour déterminer l'ancienneté du salarié dans l'entreprise.